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Au pied de la lettre

Noyer le poisson — Mission parfaitement absurde

Il prend sa mission très au sérieux. C’est la mission qui pose question.

Penché sur un aquarium, un homme plonge ses mains dans l’eau. La tenue et la concentration annoncent une tâche importante ; le titre permet de mesurer tout ce qu’elle a d’impossible.

LE VISUEL PREND SA PLACE.

Et chez vous, ça donnerait quoi ?

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Le tablier était prêt, l’explication beaucoup moins

Parmi les supports de cette fiche, le tablier donne à « Noyer le poisson » une place assez savoureuse près de la préparation des repas. Le personnage, lui, s’est choisi une activité moins productive. Il travaille au-dessus de l’aquarium avec l’air décidé de quelqu’un qui préfère s’occuper longtemps plutôt que répondre clairement.

Noyer le poisson signifie embrouiller un sujet, détourner l’attention ou compliquer les choses pour éviter une question. L’illustration transforme la manœuvre en tâche littérale et absurde. Le poisson est déjà dans l’eau. Cette évidence ne semble pourtant pas suffire à remettre le projet en cause.

Beaucoup de méthode pour ne pas avancer sur le fond

Le réservoir vitré, le mobilier et les vêtements rétro donnent un cadre très ordonné à l’action. L’homme se penche, s’applique et concentre le regard. On pourrait facilement confondre cette activité avec un travail utile si l’on omettait une petite vérification sur son objectif. C’est aussi ce qui rend l’expression si bien adaptée à certaines conversations interminables.

Sur le poster, les détails de l’aquarium et la posture du personnage prennent toute leur place. Le tapis de souris peut rejoindre un bureau où les réponses simples aiment parfois se déguiser en longues procédures. Le mug offre une autre proximité avec ces discussions dont on sort en ayant beaucoup entendu et assez peu appris.

L’image emprunte l’apparence d’une carte ancienne, mais son petit travers reste très reconnaissable. Une question finit par s’imposer : voulait-il vraiment terminer cette opération, ou espérait-il simplement que nous oublions de lui demander pourquoi il l’avait commencée ?